Programmation / Agenda
Spectacles
[Théâtre performatif] – Marche Salope, Céline Chariot 🗓
Avec Marche salope*, Céline Chariot aborde le sujet du viol, interrogeant le mutisme qui entoure les agressions sexuelles. « La vraie question n’est pas de savoir pourquoi je parle, mais pourquoi je n’ai pas parlé » écrit-elle. Aujourd’hui, elle part de constats et de statistiques, pas d’une colère irrationnelle ; elle ne veut ni écrire de fiction édulcorée, ni chercher à raconter l’histoire des femmes et encore moins la sienne, ni à brûler les hommes, ni à faire justice.
En reconstituant une scène de crime, par le biais d’un geste accessible, fort, documenté et poétique, travaillant à un acte artistique qui puisse révéler une certaine beauté tout en pouvant transcender la douleur de gestes passés, Céline Chariot, qui n’est ni danseuse, ni actrice, mais photographe, aborde le viol via le regard, via des sensations qui ont pour but la réflexion, et rappelle que dans cette transgression odieuse qu’est le viol, le crime n’est pas uniquement celui du violeur mais surtout celui d’un corps social qui pointe la victime comme responsable de son sort.
Dans une forme originale où se mêlent texte, performance, silence, regard, reconstitution du réel et onirisme, le spectacle invite puissamment à la transformation des traumatismes du passé en une puissante frénésie d’en finir avec les inégalités de genre.
*La Slutwalk, ou « Marche des salopes », est une marche de protestation née en avril 2011 au Canada après qu’un officier de police ait déclaré : « Si vous voulez éviter de vous faire violer, il faut éviter de s’habiller comme une salope ».
Le mercredi 18 mars à 20h
Note d’intention de Céline Chariot :
« Le silence peut faire du bruit si on décide de tendre l’oreille. Faisons parler le silence, écoutons-le. J’aborde un sujet qui me touche : Le viol. Après 20 ans, j’ai décidé de parler. J’ai crié en silence si longtemps mais personne ne m’a entendue. […] Je pars de statistiques. Je ne veux pas écrire une fiction édulcorée. Je ne cherche pas à raconter l’histoire des femmes et encore moins la mienne, je ne cherche pas à brûler les hommes, je ne cherche pas à faire Justice, je ne suis pas une spécialiste de la pensée féministe. Je m’interroge et ai la volonté, par le regard, de poser un acte accessible, fort, documenté et poétique. […].
L’approche que j’aborde avec ce sujet n’est pas une approche thérapeutique, je ne souhaite pas parler du statut de victime et encore moins être dans une simple dénonciation de fait. J’aborde le viol via un regard, via des sensations qui ont pour but la réflexion. Dire « J’ai été victime » doit être vu comme un geste fort, c’est un geste de revendication. Être victime, ce n’est pas être faible, c’est avoir été flouée par une personne qui, en abusant de son pouvoir et de sa soi-disant supériorité, se trouve être l’auteur d’actes odieux. Ce n’est pas parce que le viol est le seul crime, où la victime est presque traitée en accusée et responsable, qu’être victime doit être vu comme un aveu de faiblesse. Cette performance est une réelle tentative de renverser et remettre les choses dans l’ordre, d’aborder le viol comme il est rarement représenté. Cette vision peut déstabiliser, dans l’espoir de peut-être un jour sortir du discours phallocentrique.
En tant que femme, je m’oblige à l’engagement et à la lutte, et dorénavant, plus jamais à la passivité. Vu qu’il m’est impossible de faire une mise à zéro de ma mémoire, il ne me reste qu’à m’en servir pour faire bouger les lignes. Il n’est jamais trop tôt pour réagir, jamais trop tard pour être libre. Ne pas se résigner, voilà tout. Et transformer les traumatismes du passé en une puissante frénésie d’en finir avec les inégalités de genre. »
• Ecriture et interprétation : Celine Chariot
• Mise en scène : Celine Chariot et Jean-Baptiste Szezot
• Voix : Anne-Marie Loop, Julie Remacle, Anja Tillberg
• Création sonore : Maxime Glaude
• Création Lumière : Pierre Clément et Thibaut Beckers
• Flûte : Line Daenen
• Artiste plasticienne : Charlotte De Naeyer
• Accessoires et costume : Marie-Hélène Balau
• Prod. : Festival de Liège
• Avec le soutien : du Collectif Co-legia de Prométhéa, de la Fédération
Wallonie Bruxelles, de la Province de Liège, de Shanti Shanti
asbl, du Théâtre National Wallonie-Bruxelles, du Théâtre des Doms,
de Wallonie Bruxelles Théâtre Danse, de FACTORY/Plateforme dédiée aux
compagnies et artistes émergent·e·s.
• Merci à : Planning familial le «37», Sébastien Foucault, Bérengère Deroux,
Laurence Dieudonné

