Programmation / Agenda
Spectacles
[Théâtre] – Souterrain, Cie Tornero 🗓
Dans un couloir de métro, en pleine nuit, un simple contrôle de tickets dégénère.
Un homme, incapable de payer son titre de transport, explose sous le poids de la pression sociale et de la précarité. Ses paroles deviennent un cri, une révolte contre un système qui broie les individus.
Face à lui, les contrôleurs, eux aussi enfermés dans une logique implacable, réagissent avec une violence aveugle, déclenchant un engrenage absurde et brutal.
À travers cette confrontation suffocante, Souterrain met en lumière les violences invisibles du quotidien, la domination sociale et l’absurdité des règles qui régissent nos vies.
Porté par une mise en scène immersive et un texte percutant, ce spectacle est un cri de désespoir et d’urgence face à un monde qui semble laisser de moins en moins de place à l’humanité.
A découvrir le mercredi 22 avril à 20h
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Note d’écriture
« J’avais besoin de parler d’argent. Du malaise de ne pas en avoir ou d’en manquer. Tout a un prix et il n‘est pas toujours abordable. Comme un ticket de métro par exemple. Alors comment on fait ? Comment on fait quand on ne peut pas payer ? J’avais besoin de parler du travail et de la façon dont il conditionne nos existences. Il faut trouver du travail. Il n’y a pas le choix. Il nous délimite, il prédéfini le cadre. Et si par malheur on ne répond pas aux conditions du contrat alinéa 3 stipulant devoir correspondre à la norme indiquant que toute personne qui ne rentre pas dans le « cadre travail » instauré par une force surpuissante invisible et soi disant universelle, apparaît tout à coup la grande fi-gure odieuse et repoussante du raté-looseur-paumé-marginal. Inadapté. J’avais besoin de mettre en lumière les violences qui façonnent notre quotidien. Violences sociales, violences systémiques, invisibles. Qui progressivement se sont banalisées dans les consciences. La violence symbolique comme “un mécanisme de domination sociale où un groupe social impose à d’autres groupes des choix, des opinions, des comportements en les faisant passer pour légitimes et universels“ (Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La Reproduction) ».
Raphaël BOCOBZA
Note de mise en scène
Le traitement des violences sera au centre des questions de mise en scène. Comment représenter la violence pour qu’elle ne soit jamais gratuite ? Nous observerons dans le jeu, les mécanismes de domination et de conflits. Dans Souterrain il n’y a qu’une seule et longue scène, qui ne s’arrête qu’à la fin du texte. Nous souhaitons donc concevoir la mise en scène comme un plan séquence, un même élan, une avalanche incontrôlable rendant impossible de préméditer la suite des évènements et de savoir quand et comment tout va s’arrêter. À la manière de Good Time des frères Safdies ou de The Bear de Christopher Storer, les spectateur.ices seront pris.es au coeur de la tempête. La situation de départ étant déjà ultra-réaliste, la scène sera vide. La lumière, le son, les costumeset le jeu des comédien.nes feront décors. Il s’agira en effet de laisser toute la place à la création lumière et sonore pour imaginer un frottement entre le possible et l’impossible de l’histoire, entre le réel et le cauchemar. Ainsi la technique prendra part le plus possible afin qu’elle puisse travailler en dialogue avec les comédien.nes au plateau. Nous souhaitons chercher à recréer la lumière du métro et les voix dans un tunnel (le travail des micros pourra aussi aider recréer un léger écho évoquant le souterrain) pour ensuite s’essayer à tordre ses éléments afin de créer un trouble, une étrangeté, une distance. Les personnages déraillent et iels entraînent la lumière et le son avec elleux.
[…]
Malgré une situation cauchemardesque, il y a cependant quelques moments de poésie dans le texte qui œuvrent comme des respirations (comme la dernière danse de Bob, la mise du bandage ou le hoquet de la passante). La mise en scène devra donc permettre à ces moments de se déployer, pour donner du contraste au texte et aux personnages. La langue du texte sera un allié pour cette recherche. Nous laisserons aussi la possibilité dans le travail de modifier certaines parties du texte si nos questionnements nous mènent à d’autres endroits. Le texte doit pouvoir encore être considéré comme une matière flexible.
Raphaël BOCOBZA et Margot VIALA
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Distribution
Écriture et mise en scène : Raphaël Bocobza
Collaboration artistique : Margot Viala
Avec : Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout, Pauline D’Ozenay, Anne Knosp, Antoine Vincenot
Création lumière : Sarah Doukhan
Régie Lumière : Hélène Hullin
Construction : Marie Plasse
Création sonore : Emilien Serrault
Travail du corps : Eliakim Senegas-Lajus
Production
Production : Cie Tornero
Co-productions : Théâtre Antoine Vitez (Aix en Provence 13) ; Compagnie Vol Plané – l’Échappée belle théâtre-école (Marseille 13) ; Le théâtre du Bois de l’aune (Aix en Provence 13) ; Le théâtre de Grasse (Grasse 06) – Scène conventionnée d’intérêt national Art et Création ; Théâtre Durance, scène nationale – Château-Arnoux-Saint-Auban et le Pôle Arts de la Scène – Friche la Belle de Mai, atheneum, Centre culturel de l’Université Bourgogne Europe.
Projet soutenu par le Département des Bouches du Rhônes et par la DRAC PACA
Soutiens : Théâtre Paris – Villette (festival Spot), Théâtre Joliette (résidence) ; Théâtre des Carmes André Benedetto (lecture au festival d’Avignon), Théâtre Astronef (résidence), Le Théâtre Le Sémaphore (Port de Bouc 13) – Scène conventionnée (résidence), Théâtre de Belleville (co-réalisation).
« Souterrain » est lauréat de l’aide à la création d’ARTCENA

